Revue de presse

HOLYBUZZ

“Elle. La quarantaine presque timide malgré son passé sentimental. Elle a aimé. Beaucoup. Souvent. Partout. Est allé d’aventure en aventure.
Lui. Il est l’ami, l’amant, son psy, sa « belle âme », une voix intérieure… Il la questionne sans relâche : « Où étais-tu ? », comme si la géographie des sentiments comptait plus que l’histoire elle-même. Pourtant, ce n’est pas une carte du Tendre qui se dessine au sol mais une vraie mappemonde, faite de tee-shirts disposés en réponse à chaque question.
Chaque ville fait surgir des bribes de souvenirs amoureux par petites touches successives : lieu de rencontre, vie quotidienne, odeur, détail physique, baiser, slow, séparation…
Comment traduire l’intime de ces très nombreuses aventures sans redite ni vulgarité et avec fraîcheur mais volupté ? La musique pop américaine des années 80, d’astucieux éléments de décor (cubes et tissus), les différentes danses, des mots simples, une marionnette varient les moyens d’incarner les souvenirs.
Subtile, personnelle, malheureuse mais sans tristesse, l’auto-fiction de la comédienne Nathalie Rafal Où étais-tu ? interroge les aventures d’un cœur d’artichaut sans parvenir à répondre à leur raison d’être.
Comme les grains dans un sablier, les prénoms des aimés et les souvenirs, nombreux, passent, échappent et laissent peu de traces.”

Pierre François, le 8 janvier 2015


THEATRE AU VENT – LEMONDE.FR

“Elle a des papillons plein les yeux et nous sourions d’imaginer qu’il s’agit probablement de tous ses amants qui se sont bousculés sur son passage pendant qu’elle rêvait dans les bras d’un inconnu.  Natalie RAFAL est une  fille d’un conte d’Andersen de notre époque qui posait son cœur n’importe où, sur une pierre, un banc public, dans une salle d’attente d’aéroport pour l’entendre palpiter dès qu’un voyageur charmé venait lui conter fleurette.
Des amours de passage pour un cœur en transit en quête de surprises, de bonheurs immédiats, se dressent comme un immense arbre voyageur dans la mémoire de la jeune femme qui célèbre l’aventure du corps et de l’esprit dans un emballage fortuit, troquant son apparence pour celle d’autrui, celle d’un homme à deviner, qui tombe du ciel  dans sa terre inconnue, une véritable marelle, aux quatre coins du globe.
A ses côtés, Guillaume EDE incarne avec une infinie délicatesse cet homme idéal qui  sort à peine des paupières au bord du rêve, qui calme les inquiétudes, qui sourit, qui comprend.
Cet homme n’existe pas ou alors il provient d’une côte d’Eve. Le sentiment amoureux a tant été exalté par les hommes que c’est justice de l’écouter à travers la bouche d’une femme qui n’a pas besoin d’artifice pour exprimer son besoin d’amour, sa sensualité et ses propres intermittences. L’amour qui la trempe  fait penser à la petite madeleine que Proust berçait dans sa tasse de thé.
La mise en scène d’Isabelle LABROUSSE dépouillée mais gaie comme un jardin de récréation ainsi que la scénographie astucieuse de Liina KEEVALIK  concourent  à donner au  spectacle,  son aspect aérien et fruité. Le texte fluide de Natalie RAFAL forme le chant d’un long poème qui ruisselle. C’est émouvant parfois même poignant, étonnant de fraicheur.
Un spectacle pour les âmes rêveuses qui savent lire sur les lèvres, oh simplement, comme sur les arceaux formés par les turbulences d’un cœur d’arbre entre ciel et terre.”

Evelyn Tran, le 28 décembre 2014


FRANCE INTER PARIS

“Où étais tu ? non Fip ne tutoie pas l ‘auditeur , mais oui le Lucernaire sonne le rappel !
Il embraye sur un road-movie amoureux et déjanté de Nathalie Rafal…un voyage poétique d’une femme en quête de son identité à travers le regard d’un autre…une quête de l’amour….une quête de soi dans l’amour de l’autre, bref une quête de l’amour de soi !!!!
Cela se joue à 2 : un homme et une femme, une partition, une danse aussi, un pas en avant 2 en arrière, beaucoup de lumière, un peu de musique pour souffler le froid et le chaud sur les souvenirs !
Finalement l’amour c’est pas si grave …Où étais tu ? est un texte qui réconcilie l’un avec l’autre et si la vie fait bien les choses , ensemble le voyage continuera ….et on ne demandera plus : ” Où étais tu ? “

Jane Villenet, le 12 novembre 2014


WEB THEATRE

“C’est une danse des mots et des corps : une femme danse sa vie. Natalie Rafal, qui est l’auteur et l’interprète de ce qu’elle appelle « un road-movie amoureux, poétique, humoristique et déjanté », se souvient de ses années de jeunesse ou du moins met en scène une femme qui est proche d’elle et qui bondit de pays en pays et d’homme en homme. « Où étais-tu ? » demande sans cesse le texte. Et c’est toujours ailleurs, à New York, Moscou, Hong-Kong, Montréal… Cette femme a la bougeotte, une folle envie d’amour et d’images, un cœur qui voyage autant que le corps, une ivresse qui ne sait pas s’arrêter, tout au moins pendant vingt ans !
Le texte est un poème, une série d’incantations, un jeu où la femme se perd et se trouve. Isabelle Labrousse a conçu sa mise en scène comme une sorte de marelle posée sur le monde. Une jeune fille et un homme vont d’un cube à l’autre, déplient au sol des habits qui sont des marques d’amour et de territoire. Natalie Rafal interprète son double dans le déhanchement, la souplesse, la passion, la surprise, la contorsion, l’émerveillement. Elle a dans la diction et le mouvement la pulsion de son texte, dansant, pressé. Et elle y ajoute l’interrogation muette de l’auteur qui se regarde : où a mené ce beau manège ? Guillaume Edé incarne tous les hommes qui défilent dans cette fuite en avant, et ils sont nombreux. Utilisant volontiers la langue anglaise ou bien seulement l’accent anglais, il est avec beaucoup d’élégance et d’habileté un archétype de l’amant, toujours le même et toujours différent. Cette parade sentimentale et colorée, sur fond de Stones, Joplin et Patti Smith, a un charme fou.”

Gilles Costaz


L’OBS

“Il faut monter au Paradis, l’une des salles du Lucernaire, pour découvrir ce spectacle tendre et léger. Sur le plateau : elle et lui. Elle se souvient de ses rencontres amoureuses, de la première nuit, mélangeant les noms, les dates, les lieux ; revenant sur un détail oublié. Lui la pousse à la confidence, se transformant au gré des confidences en Wayne, Barry, Félix… ou un autre – on n’arrive pas toujours à suivre la ronde des amants – comme celui qui arrache la moquette de son appartement de la rue Lepic ! Autour du globe l’héroïne a laissé des cœurs, sans doute aussi un peu le sien, même si la nostalgie n’est pas de mise – sauf peut-être au travers de la bande-son années 80… une belle promenade avec l’amour et la vie !”

Sylvie Prioul, le 8 janvier 2014


LE RIDEAU ROUGE

“Petit moment de poésie surnaturelle
Où les T-shirts s’étalent comme une aquarelle
A la surface des continents qu’ils remplissent
De taches de couleurs, pour de meilleurs auspices.

Dans un tour du monde bariolé, les acteurs
Partent à la recherche de l’unique bonheur,
Sautant à pieds joints sur les pays et les cœurs,
Pour conjurer la solitude qui fait peur.

“Rassembler les morceaux éparses de soi-même”,
Pour enfin trouver celui ou celle qui l’aime.
”Quête existentielle de soi, dans le regard”
”De l’autre ; le désir, au féminin”, démarre
Par une prise de “parole différente”,
Envie “d’absolu”, devenue prépondérante.

“Être à la fois une autre”
Et identique aux autres,
Une dualité
Dans la rivalité,
Où l’esprit manifeste,
Veut que tout parte et reste.

Dédale de prénoms
Qui vont donner le ton,
Comptines à leur façon
Pour bien tourner en rond.

“On est un peu la somme de ses aventures”
Et c’est, pour l’auteure, sa marche d’écriture,
Spéciale et figurée, qui donne de l’allure
Et du “Paradis”, au “Lucernaire” ; c’est sûr !
”Suspendue dans les airs”, elle soigne ses blessures,
Léchant, du froid, les morsures ; du chaud, les brûlures …”

Béatrice Chaland, le 29 novembre 2014


THEATRAUTEURS

“Un spectacle absolument charmant vous attend au Lucernaire.
Qualifié de ” road-movie amoureux, poétique et déjanté ” … ( après vérification, tout est vrai ) et on se laisse porter par cette histoire loufoque et surtout pas casanière !
Un couple imaginaire ou réel (on ne saura jamais si l’homme est un amoureux qui attendait patiemment que sa douce daigne enfin se poser ou s’il est là pour figurer tous les mâles à la fois ) est sous nos yeux, car vu le nombre de pays que la dame prétend avoir traversé, vu le nombre d’amants qu’elle a cueilli au passage, sans doute faudrait-il plusieurs existences pour accomplir tout cela, mais … qui sait ? !
N’importe, cette collectionneuse de rimes et pas seulement … égrène joyeusement ce qui fut – ou qu’elle aurait souhaité qui soit – face à son questionneur qui lui répète avec obstination,

 – ” Où étais-tu ? ” …

C’est joyeux, les musiques judicieusement choisies rappellent des souvenirs (aux spectateurs également) les lumières sont habilement jolies tandis que les deux interprètes nous gratifient d’un ballet aérien en jonglant avec les cubes-valises et les vêtements multicolores glanés çà et là, aux quatre coins de la planète. L’écriture de Nathalie Rafal est enlevée (on n’en attendait pas moins avec un nom pareil ! ) et pour parfaire la coïncidence, nous constatons qu’elle adore les voyages en avion …
Vous avouerai-je que j’ai été ” scotchée ” de bout en bout par la prestation de Guillaume Edé lequel s’il avait eu moins de talent aurait pu n’être qu’un simple faire valoir alors que son engagement physique et mental, (il ne décroche pas une seconde) ses gestes élégants font que nous bénéficions ici d’un bel équilibre entre les deux personnages qui, de ce fait, se mettent l’un l’autre en valeur grâce à la mise en scène précise du duo (invisible celui-là mais ô combien actif) Labrousse-Pisani.
C’est agréable à entendre, tout autant à voir en une époque où la notion d’esthétisme a quelque peu tendance à jouer les filles de l’air …
Pourtant c’est fait avec peu de choses mais la scénographe Liina Keevalik fait preuve d’une évidente maîtrise et d’un goût très sûr.Musique et lumières s’entrecroisent avec bonheur …Puisque nous sommes au Paradis, c’est de rigueur !”

Simone Alexandre, le 29 novembre 2014


QUEJADORE

“« Où étais-tu », c’est un road-trip d’amour poétique un brin loufoque, qui se joue sur la scène du Lucernaire du 12 novembre au 17 janvier. Écrite et jouée par Natalie Rafal, la pièce nous entraîne aux quatre coins du monde, à travers ses souvenirs parsemés d’histoires d’amours avortées.
« Où étais-tu ? ». Sur la scène du Paradis, l’une des nombreuses scènes de théâtre du Centre National d’art et d’essai le Lucernaire, deux comédiens, une femme et un homme, disposent des t-shirts colorés à même le sol. « Où étais-tu ? ». L’homme questionne la femme sans relâche. Cette dernière ne lui répond que par bribes. Des morceaux de souvenirs éparpillés, qui s’envolent et se suspendent en l’air. « Où étais-tu ? ». Alors que les t-shirts forment désormais un planisphère géant, il lui demande soudain des noms. Tous les noms. « Pierre, Franck, Richard, Igor, Félix, Winoc, Juan, Miguel, Carlos, Pedro, Manuel, Orlando, Antonio, Wayne, Barry, Jimmy, Jerry, Jarlath, Joe, John, Gere, Joel et un australien, écrivain.. » débite-elle alors que les Stones et Janis Joplin résonnent dans la salle. « Où étais-tu ? ». Ici et ailleurs, à Bali ou aux Etats-Unis, l’homme questionne le passé de la femme. D’une voix tantôt curieuse, tantôt accusatrice, parfois douce et rassurante, il se place en confident, en belle âme et en voix intérieure. Pour que celle-ci partage avec nous l’intimité de son périple amoureux, entre humour et fantaisie, ses désirs poétiques et légers et ce même questionnement qui revient inlassablement : « Où étais-tu ? ».
Mise en scène par Isabelle Labrousse, la pièce de théâtre « Où étais-tu ? » nous a largement convaincus. On a aimé la sincérité des comédiens et la justesse de l’interprétation. La scénographie judicieuse qui place le t-shirt en élément fondamental de la tenue de baroudeuse et matérialise l’idée des souvenirs fragmentés à travers le monde. Le texte est résolument moderne et terriblement universel. Au fil de la pièce sans s’en rendre compte, on s’identifie peu à peu à cette comédienne, à son parcours amoureux, ses joies et ses déceptions. On ressent comme elle, la honte de ne pas réussir à « construire » mais aussi la joie de se sentir libre aux quatre vents, sans attache ni liant. On se retrouve en elle et en cette belle âme qui nous rappelle à chaque instant la beauté de l’amour. On en ressort sereine et le sourire aux lèvres, prête à dévorer le monde qui nous entoure.”

Morgane Mallet, le 19 novembre 2014


FROGGYDELIGHT

“Natalie Rafal, dans un style très personnel, évoque avec “Où étais-tu ?” ses histoires d’hommes de 17 à 37 ans. C’est à un spectacle très original que nous convie l’auteure comédienne car, même si ses souvenirs restent liés à son histoire personnelle, certains peuvent faire écho en chacun de nous, tout comme les références musicales qui accompagnent le spectacle (d’Eagles à Pink Floyd en passant par Bob Marley) ou les détails pittoresques d’une époque disparue.
Dans une scénographie à la fois intime et ludique (des cubes lumineux aux couleurs changeantes et des dizaines de tee-shirts multicolores pour symboliser les continents ainsi que les hommes qui ont jalonné ces voyages), la recherche se fait par étapes. Beaucoup de noms anglo-saxons ou sud-américains sont prononcés en fonction des lieux traversés, avec toujours cette recherche de l’amour idéal.
Avec son compère Guillaume Edé sur scène, les deux comédiens se complètent et rejouent avec une belle gestuelle et un brin de sensualité la ronde des amours disparus.
Mis en scène avec dynamisme par Isabelle Labrousse (et la collaboration artistique de Jérôme Pisani), ils créent un univers aussi touchant qu’attachant où se développe de belle manière l’écriture sensible de Natalie Rafal, sa légereté et son grain de folie.
A condition de rentrer dans ce spectacle singulier, poétique et un brin nostalgique qui possède un vrai charme et une petite musique, on peut apprécier avec satisfaction cette bonne surprise pétillante qui célèbre la quête amoureuse de façon universelle.” 

Nicolas Arnstam


LA THEATROTHEQUE

“Où étais-tu ? Une question posée quand les sentiments s’emmêlent entre amour et souvenirs. Où étais-tu ? Une question posée quand les dérives du temps se conjuguent au passé simple. Où étais-tu ? Une question peut-être, une histoire certainement.

La scénographie, une scène ouverte aux voyages. Moscou, Dublin, Barcelone, Paris, Québec, Bali, Java. Des souvenirs en coton taillés S, L, M, XL. Des couleurs étalées sur le plancher, bleu, rouge, vert, blanc, orange, jaune. Des prénoms de mecs, Wayne, Pierre, Manuel, Laurent, Jimmy, François…
Où étais-tu ? Un carnet ouvert sur l’écriture intime de Natalie Rafal. Ses mots s’écrivent avec la magie des sentiments, la légèreté des désirs, la pulsion des fantasmes. Sa vie, une construction faite de murs fissurés par l’érosion de l’amour au masculin, pluriel. Son monde, un toit où marchent les ombres des hommes qu’elle a aimés. Sa force, être et ne pas être.
Où étais-tu, c’est elle, c’est lui, c’est un ensemble vivant déterminé à marcher sur les pas de l’autre. Le texte, un road-movie qui emprunte des routes poussiéreuses dans une vieille décapotable, traverse les océans dans un B747, flotte sur une embarcation de fortune. L’horizon se dégage quand un sourire, un regard, une attention apparaissent au hasard d’un virage de l’existence. Dès lors, c’est une nouvelle histoire qui commence et peu importe la durée. Vivre à fond le moment présent avec un amant de passage, un amant de cœur, un amant pour le sexe, un amant pour quelques années. Les sentiments rétrécissent comme des t-shirts lavés, relavés, délavés. Les couleurs ternissent comme la passion qui s’efface à petit feu. Les histoires d’amour ne finissent pas comme les contes pour enfants. Le happy end, existe-t-il encore ? Wait & see.
Isabelle Labrousse réalise une mise en scène sur une histoire qui n’a jamais vraiment commencé et continue de parcourir le monde à la recherche de l’amant… d’un soir, de quelques jours, de quelques mois, de quelques années. Le regard porté à son travail se manifeste par l’exigence portée sur la dynamique des comédiens, Guillaume Ede & Natalie Rafal. Laquelle se décline en complicité dans cette traversée vers l’écho de l’inconnu. A la mise en scène, l’accompagnement musical des standards des eighties, l’importance accordée à l’effet-papillon des lumières, la création sonore créent une alchimie qui mélodramatisent en poésie cette fable contemporaine.
Les t-shirts réveillent des arômes rapportés des voyages, révèlent des prénoms d’hommes. Où étais-tu ? Décollage autorisé sur la piste une, l’insoutenable légèreté de l’être multiplie les aventures en terre inconnue. L’atterrissage est parfois délicat, voire un peu trop viril.
Où étais-tu ? Un monde porté par deux voix intérieures, celles de Guillaume Ede et de Natalie Rafal. Guillaume Ede, il pose la question, il écoute, il regarde, il doute, il s’agite, il avance et ne s’arrête jamais. Natalie Rafal, elle enchante, elle provoque, elle aime, elle s’entête, elle voyage, elle mixe les hommes et ne les déteste jamais.”

Philippe Delhumeau, le 29 novembre 2014

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